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LA MOITIÉ DES JEUNES NE CROIENT PAS EN DIEU septembre 27 2012

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Le Soleil, samedi 22 septembre 2012

Marc Allard

Si Dieu ou une force supérieure existent, il faudrait peut- être qu’ils songent à renouveler leur stratégie marketing au Québec. Pour 49 % des jeunes de 18 à 25 ans que nous avons sondés dans la capitale et dans l’est de la province, l’au- delà relève de la superstition.

Un maigre 2,1 % ne sait pas trop quoi en penser. Et, ex æquo avec les incroyants, 49 % ne doutent pas de l’existence d’un être suprême.

Les répondants qui croient à la vie après la mort ne sont pas beaucoup plus nombreux : 52,1 %, contre 40,7 % pour ceux qui estiment que rien ne suit le trépas et 7,2 % pour ceux qui se posent encore la question.

La croyance en Dieu ou en une force supérieure est toutefois plus élevée chez les jeunes de l’est du Québec (55,8 %) que chez les jeunes de la capitale (42,4 %).

De manière générale, ces chiffres semblent témoigner d’une chute importante de la croyance. En 2002, un sondage CROPP commandé par Radio- Canada à l’occasion des Journées mondiales  de la jeunesse à Toronto indiquait  que 27 % des Québécois de 16 à 35 ans ne croyaient pas en Dieu.

Pour le vice- doyen de la Faculté  de théologie et de sciencess religieuses de l’Université Laval, Gilles Routhier, la faible proportion de croyants relevée dansdans notre sondage signifie queue les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’en remettre uniquement ement au monde saisissable.

«Ce en quoi on croit, c’est seulement ce qu’on voit, ce qu’on touche, ce qui est accessible par nos sens», dit-il.

La chute du nombre de croyants  montre un «certain échec » du catholicisme et des autres religions à attirer les jeunes, poursuit M. Routhier.

«On a affaire à des gens pour qui la dimension religieusese de l’existence, de la vie, comme on dit, n’a pas rapport. Vous pouvez toujours en causer, mais nous,, on a décroché.»

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DE QUELLE FAÇON PRÉFÉREZ-VOUS COMMUNIQUER AVEC VOS AMIS? septembre 27 2012

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SUR UNE ÉCHELLE DE 1 À 10, EST-CE IMPORTANT POUR VOUS DE … septembre 27 2012

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MES PARENTS, CES HÉROS septembre 27 2012

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le Soleil, le samedi 22 septembre 2012

Marc Allard

Régis Labeaume ne fait pas le poids. Ni d’ailleurs Cél i ne Dion, Gabriel Nadeau-Dubois, Sidney Crosby et Guy Laliberté. Plus que tous ces gens célèbres, les jeunes admirent… leurs parents!

Ça ne paraît peut- être pas pendant qu’ils textent leurs amis durant le souper que papa et maman ont passé l’après-midi à préparer. Mais plus de 40 % des jeunes ont plus d’admiration pour leurs parents que pour le reste de ces personnalités publiques.

Pour Jacques Roy, sociologue et chercheur à l’Université Laval et membre de l’Observatoire Jeunes et société, cette considération à l’endroit du père et de la mère témoigne de la reconnaissance que les jeunes ont envers leurs parents, qui les soutiennent depuis toujours et les aident à réussir dans la vie.

Avec 18 % des voix, Guy Laliberté, l’ultrariche fondateur du Cirque du Soleil et premier tou-touriste spatialpatial canadien, décroche tout de même le second rang de notre palmarès.

Il est suivi du maire de Québec, Régis Labeaume (8,3 %), qui a autant d’adeptes dans la capitale que dans l’est du Québec.

Dans l ’ord r e, viennent ensuite l’ex- porte-rte- parole de la CLASSEE Gabriel Nadeau-Dubois (8,1 %),, la mégavedette Céline Dion (6,1,1 %) et l’étoile du hockey Sidney Crosby (5,4 %).

À 43 %, papa et maman sont loinn devant ces personnalités. «Les jeunes apprécient leurs parents,  souligne  M. Roy. Le problème,  c’est que les parents n’en savent rien.»

 

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L’AMOUR AU TEMPS DES TEXTOS septembre 25 2012

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le Soleil, samedi 22 septembre 2012

Marc Allard

À24 ans, Hannah est t el l ement paresseuse au travai l qu’elle n’arrive pas à trouver aut r e chose qu’un stage sans salaire. Fatigués de subvenir à ses besoins, ses parents ont décidé de lui couper les vivres. Ces derniers temps, elle f réquente un gars qui lui demande pourquoi elle ne perd pas un peu de poids et exige qu’elle se comporte en pornstar au lit. L’aspirante écrivaine, qui passe son temps à bombarder l’univers de textos, croit qu’elle pourrait devenir «la voix» de sa génération.

En dehors de Girls, la nouvelle série phénomène de HBO diffusée depuis la mi-août à Super Écran, Hannah n’existe pas. Mais à entendre certains commentateurs, on a parfois l’impression qu’elle est partout. Et que la majorité des jeunes adultes québécois ressemblent à cette jeune femme mollassonne, désillusionnée et obnubilée par les nouvelles technologies.

Le sondage Segma- Le Soleil mené auprès des 18 - 25 ans que nous dévoilons aujourd’hui donne un portrait beaucoup plus contrasté de la jeunesse dans la capitale et dans l’est du Québec. Oui, les nouvelles technologies ont redéfini la société de ces jeunes qui idolâtrent Steve Jobs, mais ceux- ci n’ont pas abandonné tous les idéaux de leurs parents et de leurs grands-parents pour autant — ni les livres et le sport, p , d’ailleurs.

On leur reproche de réduire duire l’amour à une liste d’épicerierie en magasinant leurs partenaires aires sur Internet. Et ils sont toutout de même près de 8 sur 10 à croire encore au grand amour. Onn pen-pensait qu’à force de voir leurs géni-géniteurs divorcer, les jeunes avaient vaient renoncé à dire : «Oui, je le veux.» Mais non : ils sont plus de 6 sur 10 à faire confiance au mariage.

Les bébés, ils ne sont peut- être pas pressés d’en avoir. N’empêche qu’ils se voient très mal passer une vie sans voir courir la marmaille dans le salon, accordant en moyenne près de 8 sur 10 à l’importance d’avoir des enfants.

Et lorsqu’on leur demande ce qui les effraie le plus en pensant à l’avenir, les jeunes craignent moins le chômage, l’exil, les ruptures amoureuses, les accidents, l’endettement,, le manqueq d’argent g et la maladie que la perte d’un parent ou d’un ami.

« Tout ce qui se rapporte à l’i ntime, ce sont des valeurs fortes », analyse Jacques Roy, professeur- chercheur à l’Université Laval et sociolog ue à l’Observatoire Jeunes et société. «Contrairement à l’opinion populaire qui voudrait que les jeunes soient un peu désabusés, ce n’est pas le cas du tout.»

Les jeunes Québécois se préoccupent de leur vie d’abord. Ils mettent la priorité sur ceux qui sont le plus près d’eux : le couple, les enfants, la famille et les amis.

Au travail aussi, l’intime prévaut. Les jeunes préfèrent un boulot qu’ils aiment à un boulot payant, le premier étant peutêtre plus susceptible de favoriser leur épanouissement personnel.

«De plus en plus, le travail est rapporté à l’i ndividualité, observe Jacques Roy. Même si le salaire est moindre, si c’est une source de développement personnel, les jeunes vont rester.»

À moins qu’on les traite de paresseux. Car s’il y a un cliché que les jeunes détestent entendre, c’est bien celui-là.

Ils se fichent pas mal qu’on les qualifie d’individualistes, d’esclaves des nouvelles technologies ou qu’on les trouve désintéressés à la politique. Par contre, ils risquentq de se fâcher si on les associe à des enfants gâtés, des ignorants ou, comble de l’insulte, des paresseux.

On leur rétorquera qu’ils passent un nombre alarmant d’heures assis devant un écran, à regarder des séries DVD, surfer sur le Net ou à jouer au PlayStation. Ce n’est pas leur raison de vivre pour autant. Quand Voir page 23

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Génération P comme dans paradoxe septembre 24 2012

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le Soleil,  22 septembre 2012

On disait la jeunesse québécoise amorphe. Incapable de persévérance. On l’imaginait isolée dans une bulle technologique. Et puis le printemps étudiant est arrivé.

Pendant des mois, la j eunesse s’est retrouvée au coeur d’un conflit dont la durée et l’intensité n’ont pas beaucoup d’équivalents dans l’histoire du Québec moderne.

Un électrochoc. Un réveil. Même chez ceux qui s’opposaient farouchement aux revendications des étudiants. Pour la première fois depuis des lustres, c’est la jeunesse qui a dicté le calendrier politique du Québec.

Aujourd’hui, les manifs se font plus rares. Mais certaines questions demeurent. Qui est cette génération? Qu’est- ce qui la fait rager, rêver, espérer?

C’est pour tenter d’y répondre que Le Soleil présente aujourd’hui les résultats d’un vaste sondage sur les jeunes de 18 à 25 ans, dans la région de Québec et dans l’est du Québec. Pour vous mettre dans l’ambiance, il est possible de répondre au questionnaire soumis aux 550 répondants, en vous rendant sur le l ien suivant : http://goo.gl/pSEzz

Dès le départ, il nous semblait nécessaire de ratisser large. D’aller au- delà de revendications étudiantes et de ce qu’on a surnommé le « printemps érable». Les jeunes croient-ils en Dieu? Au mariage? À une vie après la vie? Qui sont leurs modèles? Ont-ils peur des changements climatiques? Rêvent-ils à l’indépendance du Québec?

Mais les chiffres et les tableaux ne remplacent jamais la parole. Alors, nos journalistes Marc Allard et Jean- Simon Gagné se sont aussi rendus à la rencontre des jeunes, à Québec et dans l’est du Québec.

Saint- Georges de Beauce, Rimouski, Gaspé, Sept-Îles et, bien sûr, Québec. Chaque fois, nous n’avions pas la prétention de rencontrer tout le monde. Il s’agissait d’abord de donner un aperçu de la réalité de quelques jeunes âgés de 18 à 25 ans, dans des régions fort différentes.

Certains résultats ne manquent pas de surprendre. D’autres vous paraissent plus prévisibles. À la fin, nous souhaitons seulement que vous soyez conquis par une génération qui s’impose comme la plus scolarisée et la plus ouverte sur le monde de toute l’histoire du Québec.

Le jeune Québécois typique nage dans la technologie, mais il préfère le passé. Il désespère du Québec, mais il ne voudrait pas être né ailleurs. Il croit au grand amour, mais pas nécessairement en Dieu. Il se méfie de la politique, mais i l croit qu’il peut contribuer à changer le monde. Il se dit heureux, mais ça ne l’empêche pas d’être inquiet pour l’avenir.

Au cours des trois prochains jours, c’est son histoire que nous allons vous raconter.

Bonne lecture. Voir page 22

L’ultime option mars 26 2012

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 Brigitte Breton

Le Soleil, 23 mars 2012  

Un pas impor tant est franchi. La commission parlementaire qui depuis deux ans se penche sur le droit de mourir dans la dignité suggère d’ajouter une option de plus, l’euthanasie, dans le continuum des soins appropriés en fin de vie, et ce, pour des cas exceptionnels s’inscrivant dans un processus bien balisé. Québec et les ordres professionnels concernés doivent faire le reste du chemin et acquiescer ainsi aux demandes d’une minorité de malades qui désirent devancer leur mort.

C’est un rapport lucide, respectueux et méticuleux qu’ont remis hier les neuf membres de la Commission spéciale sur la question demourir dans la dignité. Un rapport qui, si les 24 recommandations sont concrétisées, pourrait apaiser les craintes que plusieurs éprouvent en pensant aux souffrances de la maladie, aux conditions de fin de vie, à la mort.

C’est en effet une amélioration de l’ensemble des soins de fin de vie que proposent les parlementaires après avoir entendu experts et citoyens. Le fait qu’ils ajoutent une option — l’aide médicale à la mort — heurtera certains et fera perdre de vue qu’ils réclament aussi de meilleurs soins palliatifs à domicile, dans les hôpitaux et les CHSLD sur l’ensemble du territoire québécois. Ils préconisent également une formation accrue en la matière des professionnels de la santé et souhaitent que les citoyens soient mieux informés de leurs droits et des soins disponibles. Leurs recommandations touchant ces volets sont aussi importantes que les autres portant sur l’euthanasie.

Unanimement, les membres de la Commission invitent le Québec à franchir une étape supplémentaire et à offrir une possibilité aux grands malades qui refusent d’attendre une mort «naturelle» même si des soins palliatifs de qualité leur sont dispensés. Ce choix est judicieux et responsable et correspond à l’évolution des valeurs sociales, du droit et de la médecine. Les élus et les professionnels de la santé doivent tenir compte de cette évolution.
La Commission est audacieuse mais elle prend bien soin de poser bon nombre de règles pour éviter les dérapages et les demandes de mort non réellement souhaitées. Elle fixe des critères d’éligibilité. Elle prévoit qui pourra acquiescer aux demandes. Elle précise que seuls les médecins consentants pourront aider leur patient atteint d’une maladie incurable à mettre fin à ses jours. Elle réclame également qu’une instance chapeaute le tout et assure un suivi serré. La Commission n’improvise pas et semble avoir prévu, dans la mesure du possible, tous les risques.

L’expérience des Pays-bas et du Luxembourg ne fait pas craindre aux membres de la Commission que les professionnels de la santé et les proches des malades se transformeront en agents de la mort pour les malades, les personnes handicapées ou âgées. On retrouve dans ces deux pays des soins palliatifs parmi les meilleurs au monde, et seulement 0,7 % et 2 % des décès sont associés à l’euthanasie.

Pourquoi refuser une aide médicale à mourir à de grands malades, adultes et consentants, qui souhaitent mettre fin à d’atroces souffrances physiques et psychologiques? Pourquoi s’opposer à ce que des médecins consentants posent ce dernier acte pour leur patient? Pourquoi ne pas éviter que des mères, des maris, des amis en détresse posent des gestes illégaux en aidant un proche qui leur réclame de les aider à mourir?

Les craintes de dérive appréhendées ne doivent pas interdire toute action. Bien sûr il faut avancer prudemment, baliser et surveiller étroitement

«Précis, sage et prudent», selon le Collège des médecins mars 26 2012

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23 mars 2012 Le Soleil Marie- Pier Duplessis

Le Collège des médecins accueille favorablement le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, qui offre suffisamment de «garde-fous» pour bien encadrer le travail des médecins de façon «précise, sage et prudente».

Le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège, s’est dit «plutôt confiant» que les recommandat ions puissent se concrétiser sur le terrain. «Le défi est de se rallier autour de ce concept. […] Le travail commence maintenant, c’est- à- dire que le travail peut commencer avec une base beaucoup plus solide grâce à un état des lieux qui a fait le tour de la question», considère le médecin, qui voit là un «moment pivot » pour la population québécoise.

Le Dr Robert se réjouit particulièrement qu’on parle maintenant «d’aide médicale à mourir» plutôt que d’euthanasie, une terminologie qui reflète davantage les «meilleurs soins possible» que la médecine peut apporter en fin de vie.

«La question n’est pas de se demander si les médecins sont pour ou contre l’euthanasie. La question est de savoir s’ils peuvent offrir les traitements appropriés aux patients», avance-t-il.
«ON JOUE SURLESMOTS»

Le réseau Vivre dans la dignité, qui s’est formé en opposition à l’euthanasie et au suicide assisté, considère plutôt qu’on ne fait que jouer sur les mots. «On change de langage pour faire moins peur au monde en prétendant que justement, on va les soulager », a mentionné en point de presse Linda Couture, directrice du réseau qui rassemble près de 5000 personnes.

«D’un côté, on va faire des campagnes de prévention du suicide, et de l’autre côté, on va dire à une personne : “Regarde, dans certaines circonstances, si ça ne va pas bien, on va te pousser, on va t’achever, finalement”», déplore-t- elle.

Selon Mme Couture, trop d’attention est accordée à la question de l’euthanasie, alors qu’il faudrait plutôt se concentrer sur le développement de l’accessibilité aux soins palliatifs. Cet aspect constitue tout de même la priorité qui a été soulevée dans le rapport de la Commission, déposé hier à l’assemblée nationale.

Le réseau Vivre dans la dignité craint particulièrement que l’ouverture à l’euthanasie, aussi petite soit- elle, ouvre la porte à des abus, ce que le Barreau du Québec ne redoute aucunement. « Tout est là pour assurer les gens qu’il n’y aura pas de dérapage », affirme Me Claude Provencher, directeur général du Barreau. La prochaine étape sera donc de transposer ces recommandations en projet de loi, souligne-t-il.

Un poids de moins sur les épaules de Ghislain Leblond mars 26 2012

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  • 23 mars 2012
  • Le Soleil
  • Claudette Samson
  • Ghislain Leblondrespire mieux. Le fait de savoir qu’il pourra bénéficier d’une aide médicale pourmourirsi sa vie devait prendre fin dans une agonie atroce le réconforte grandement.

     Ghislain Leblond, atteint d’une maladie neurodégénérative, a confiance que l’unanimitédes députés qui ont signé le rapport favorisera l’adoption rapide d’un projet de loi à l’assemblée nationale.—«Ça m’enlève un grand poids, ça augmente grandement ma qualité de vie dès aujourd’hui. C’était une source d’angoisse très réelle pour moi», a-t-il dit à chaud, immédiatement après avoir reçu le rapport, avant même que celui- ci soit présenté à la presse.

    Sa frustration d’avoir dû attendre si longtemps (le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité devait être déposé il y a quelques mois), doublée du fait qu’il se trouvait en Floride pour ce moment tant attendu, s’est envolée à la lecture des recommandations.

    M. Leblond a été un personnage phare au cours de cette commission. Beaucoup se souviennent du passage de cet ancien haut fonctionnaire à la voix douce, au regard empreint de mélancolie, assis dans un fauteuil roulant, venu réclamer le droit de bénéficier d’une telle aide si «le pire des scénarios» devait de réaliser.

    Atteint d’une maladie neurodégénérative grave et déjà paralysé à 80%, dans la mi-soixantaine, il ne sait pas en effet comment et quand se termineront ses jours. C’est pourquoi il s’est associé au combat d’yvon Bureau, un travailleur social à la retraite qui milite depuis 25 ans pour le droit demourir dans la dignité.

    Bien sûr, le dépôt du rapport n’est qu’une étape, mais l’homme a confiance que l’unanimité des députés qui l’ont signé trouvera écho sur le plancher de l’assemblée nationale pour l’adoption rapide d’un projet de loi.

    Spontanément, il souligne être «impressionné par la qualité et le sérieux du rapport». Mais, surtout, il se dit «réconforté par le fait qu’on n’y parle pas seulement d’euthanasie, mais aussi du respect de la volonté des patients pour leur fin de vie», du caractère contraignant qui doit accompagner ces volontés.

    SOINS PALLIATIFS

    L’accent mis sur le développement des soins palliatifs lui apparaît majeur, en même temps que la reconnaissance que ces soins « ne peuvent constituer une panacée pour tous, entre autres ceux qui ont une maladie dégénérative».

    M. Leblond salue le «travail extraordinaire » accompli par les députés de la Commission, qui ont entendu à satiété les mêmes quatre ou cinq arguments, toujours avec patience et respect.

    Cette écoute attentive «leur a permis de saisir que la mentalité des Québécois a évolué», croit-il.

    M. Leblond dit par ailleurs avoir confiance en la capacité des organisations à contrôler les abus et les dérives. «Est-ce qu’il y aura des erreurs? Oui, j’en suis convaincu. J’ai administré moi-même de gros systèmes. Il y aura quelqu’un, un jour, qui prendra une mauvaise décision. Mais, il y a 10 000 décès par année liés à des erreurs médicales dans les hôpitaux. Est- ce qu’on ferme les hôpitaux?»

    Le risque social est selon lui «équilibré ». Car le cadre légal actuel donne lieu à d’autres dérives, alors que «des gens meurent comme la loi nous interdit de laisser mourir des animaux», et ce, sous l’oeil impuissant de leur médecin ou de leurs proches.

    Il croit d’ailleurs pouvoir affirmer que le rapport sera aussi un réconfort pour ses proches qui connaissent bien sa position par rapport à sa fin de vie.

    Euthanasie ou suicide assisté? mars 26 2012

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    Pierre Pelchat, le Soleil, 23 mars 2012

    Il peut être difficile parfois de s’y retrouver sur le sens desmots. L’euthanasie n’est pas un suicide assisté, même si on pourrait le penser. L’euthanasie consiste à provoquer la mort d’une personne à sa demande alors que le suicide assisté est d’aider quelqu’un à se donner la mort en lui fournissant les moyens de se suicider.

    SOINS PALLIATIFS

    «Unaccès universel à des soin spalliatifs de qualité pourrait certes réduire le nombre de demandes d’aide à mourir, mais nous sommes persuadés qu’il ensubsisterait. À l’instar de certains participants, dont lecollègedes médecins, nous croyons que les soins palliatifs, aussi excellents soientils, ne peuvent soulager toutes les souffrances des personnes en fin de vie.» — page 54 du rapport de la Commission

    L’EUTHANASIE DÉJÀ PRÉSENTE

    «Des médecins sont enclins à penser que la sédation palliative constitue une forme d’euthanasie. Cela explique peut- être en partie que plusieurs médecins sont d’avis que l’euthanasie se pratique dans les établissements de santé au Québec.» — page 63 du rapport de la Commission

    LE SUICIDE ASSISTÉ

    «Le suicide assisté ne correspond pas aux valeurs d’accompagnement et de sécurité médicale indissociables de l’option de l’aide médicale àmourir, tellequenous laproposons. Enoutre, le suicide assisténepeut certes pas être considéré comme un soin et s’éloigne ainsi d’un des principes fondamentaux qui a guidé notre réflexion et nos recommandations, à savoir que toute ouverture devrait se situer dans le contexte d’un continuum de soins.» — page 81 du rapport de la Commission



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